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Le discours des vétérans a tout changé

PHOTO MARTIN CHEVALIER

Écrit par : Martin Ayotte

Le Canadien se dirigeait vers une élimination rapide après le quatrième match contre les Maple Leafs. C’était 3 à 1 dans la série pour Toronto et le CH sortait d’une rencontre sans émotion avec un revers de 4 à 0.

Dominique Ducharme n’a pas eu besoin d’imiter Harry Potter et de se promener sur le chemin de Traverse pour aller s’acheter une baguette magique chez Ollivander. Il a plutôt invité ses vétérans à parler dans le vestiaire après ce troisième revers d’affilée contre les Leafs.

Depuis ce temps, le Tricolore a signé sept victoires d’affilée, réalisant une improbable remontée contre Auston Matthews et Mitchell Marner et passant un coup de balai aux Jets de Winnipeg. Sept gains, mais aussi sept rencontres durant lesquelles le CH n’a jamais accusé un retard au pointage.

Après l’élimination des Jets grâce à un but de Tyler Toffoli en prolongation et un gain de 3 à 2, Ducharme a reparlé de ce moment crucial dans le vestiaire après le quatrième match contre les Maple Leafs.

« À 1-3 contre Toronto, on a eu rencontre d’équipe, comme tous les jours. J’ai parlé d’une opportunité qu’on avait. J’ai posé la question à certains vétérans : combien de fois ont-ils eu la chance de faire quelque chose de spécial ? Un gars comme Shea [Weber] a parlé de son expérience. Corey [Perry] a aussi parlé de ses expériences, tout comme [Eric] Staal. Je crois que tout le monde a réalisé que ce n’est pas évident. Ce n’est pas facile être dans les séries dans la LNH. Aujourd’hui, il y a 15 équipes qui ne font pas les séries. Quand tu as une chance d’être là, il faut en faire le plus possible avec cette chance. À partir de là, notre jeu a vraiment monté d’un cran. »


Une première pour le capitaine

Staal a gagné la coupe Stanley en 2006 avec les Hurricanes de la Caroline. Depuis ce jour, il a participé à une finale de l’Association de l’Est en 2009 et il n’avait jamais franchi le premier tour avant cette année avec le Canadien.

Perry a soulevé le précieux trophée en 2007 avec les Ducks. Il a atteint la finale de l’Ouest en 2015 et en 2017, encore une fois avec Anaheim. L’an dernier, il a aussi participé à la finale de la Coupe Stanley avec les Stars de Dallas.

Weber n’a jamais gagné la coupe Stanley. À sa 16e saison dans la LNH, il participera pour une première fois à une demi-finale. Avant cette année, il n’avait jamais franchi avec succès le deuxième tour.

Staal, Perry et Weber ont donc trouvé les bons mots pour faire réaliser à leurs coéquipiers que le train ne passe pas souvent. Quand tu as la chance de mettre les pieds à la gare, tu dois sauter dedans. C’est justement ça que le Canadien a fait au cours des derniers jours.

Ducharme n’a pas mentionné le nom de Carey Price dans sa longue citation, mais il aurait également pu citer son gardien en exemple. À 33 ans, il en est à sa 14e campagne dans la LNH. Il a participé seulement deux fois à la finale de l’Est. Une fois en 2010 comme gardien numéro 2 à Jaroslav Halak et une fois en 2014. À sa deuxième expérience, il s’était blessé au genou droit dès le premier match du carré d’as contre les Rangers de New York.

Pas seulement grâce à Price

À l’image de son équipe, Price n’avait pas connu une saison grandiose. Avant de terminer l’année à l’infirmerie en raison d’une commotion cérébrale, il avait offert des performances très irrégulières.

Mais, depuis le début des séries, le numéro 31 a retrouvé son superbe talent. Il est l’ingrédient principal des succès de l’équipe avec un dossier de huit victoires et trois revers, un jeu blanc, une moyenne de 1,97 et un taux d’efficacité de ,935. Invaincu à ses sept derniers départs, il a maintenu une moyenne encore plus microscopique à 1,64 et un taux d’efficacité de ,943.

Il n’y a pas que Price dans l’équation. À ses sept derniers duels, le CH a marqué 24 buts (3,42 buts en moyenne), l’avantage numérique roule à 31,6 %, l’attaque est diversifiée et les quatre premiers défenseurs ont accompli un boulot colossal.

Toffoli, qui mène l’équipe avec 10 points en 11 rencontres, a bien résumé l’ambiance au sein du groupe.

« Je crois que c’est un de ces moments où on se fiche de qui fait le travail. Tout le monde joue de la bonne manière. On gagne des matchs et on joue tous notre meilleur hockey au bon moment. On doit continuer comme ça. »

Au prochain tour, le Tricolore aura un autre test très difficile contre l’Avalanche du Colorado ou les Golden Knights de Vegas. Dans le contexte actuel, il ne faut surtout pas faire l’erreur d’enterrer cette courageuse équipe montréalaise trop rapidement. On n’en serait pas à une première surprise cette année.  

 

 

Source : Journal de Montréal │ JEAN-FRANÇOIS CHAUMONT 




Dernière mise-à-jour de l'article : Mercredi 09 juin 2021 à 08:11:21

Écrit par : Martin Ayotte



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