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Le potentiel inexploré de Jake Evans

PHOTO MARTIN CHEVALIER

Écrit par : Martin Ayotte

De simple choix de septième tour à joueur régulier dans la formation du Canadien de Montréal, Jake Evans en a fait du chemin.

Son ancien entraîneur-chef Jeff Jackson croit que son ascension n’est pas tout à fait terminée : le jeune homme n'aurait pas encore dévoilé aux Montréalais toute l'étendue de son potentiel offensif.

Or, il fut un temps où Jake Evans semblait loin, tellement loin de la Ligue nationale (LNH).


L’année de son repêchage, Evans n’évoluait pas dans le junior majeur comme c’est le cas pour une écrasante majorité de jeunes hockeyeurs canadiens aspirant à un avenir dans le hockey professionnel.

Il portait les couleurs des Buzzers de St. Michael’s dans le junior A, en Ontario. Et il n’avait pas toujours le pied sur l’accélérateur. Jackson, qui allait devenir son entraîneur-chef à l’Université Notre Dame l’année suivante, avait senti le besoin d’intervenir auprès de son futur joueur, qui avait déjà signé sa lettre d’intention.

«On s’est demandés au début s’il n’aurait pas dû jouer une année supplémentaire dans le junior, confie-t-il au bout du téléphone, lors d’un entretien avec le TVASports.ca. En fait, je lui avais parlé à la mi-chemin de sa dernière année en Ontario. Je trouvais qu’il se la coulait douce un peu.»

Aux yeux de Jackson, cet égarement était davantage attribuable à un manque de maturité qu’à un manque de caractère, et à un certain ennui lié au calibre de jeu de l’Ontario Junior Hockey League. Evans avait compris le message et était passé en deuxième vitesse lors de la deuxième moitié de la campagne.

«Quand je l’ai observé à St. Mike's, je voyais déjà chez lui des attributs que l’on retrouve chez un joueur qui connaît du succès, se souvient Jackson. Il avait un esprit très aiguisé sur le plan hockey. Et il y avait un peu de fougue dans son jeu.»


Si bien que cela a occasionné des frictions entre Jackson et son joueur à ses débuts à Notre Dame.

«J’ai dû le punir un peu parfois, car il écopait de pénalités inutiles, explique l’homme de hockey. Il a fallu que je le calme. Il ne craignait pas le jeu robuste, mais ce n’était pas le premier élément que je voulais voir chez lui.»

Un changement fructueux

Evans avait 18 ans et il ne jouait pas à sa position naturelle; son entraîneur l’avait muté à l’aile pour le soulager des importantes responsabilités qui incombent aux joueurs de centre. C’est vraiment à sa deuxième saison dans la NCAA que le réveil est survenu.

«On a eu droit à un avant-goût de son éclosion lors de sa première année, mais il a vraiment pris son erre d’aller quand je l’ai replacé au centre, souligne Jeff Jackson. J’ai commencé à comprendre à quel point il était intelligent.»

«Il faisait des petites choses sur la glace qui ont vraiment attiré mon attention, des choses qu’on ne voit pas chez tous les joueurs.»

Tant sur le plan physique que psychologique, la progression d’Evans à Notre Dame a été fort surprenante au fil des ans.

D’une part, le jeune homme a énormément gagné en maturité en se pliant aux exigences académiques et sportives de son programme. Et il a fait grimper son jeu à un autre niveau sur la patinoire en travaillant avec acharnement dans le gymnase avec l’expert en conditionnement physique de l’organisation, Tony Rolinski.

À l’époque, Evans n’avait d’autre choix de que d’améliorer son coup de patin. Autrement, il n’aurait probablement pas accédé à la LNH, reconnaît Jackson.

«Je savais qu’il avait l’intelligence et la fougue. Mais j’étais toujours préoccupé par son coup de patin. Toutefois, j’ai eu des joueurs qui ont pallié cette faiblesse avec leur quotient intellectuel sur la patinoire. Je sentais qu’il pouvait être l’un de ces gars.»

Le gène «clutch»

Petit à petit, Evans est devenu un élément incontournable de son équipe.

Déjà, lors de sa troisième année, il était à toute fin pratique le capitaine du Fighting Irish sur la patinoire, car le joueur qui arborait alors le «C» était un gardien, Cal Petersen.

Il a fini par jouer à toutes les sauces : en avantage numérique, à court d’un homme et lors des situations critiques lorsque sa formation devait marquer un but ou protéger une avance. De façon prévisible et conséquente, il a été élu capitaine en bonne et due forme à sa quatrième et dernière saison dans le circuit collégial américain.

«Au début, il occupait un rôle de second plan et je l’ai vu grandir et devenir le leader de cette équipe», ressasse Jackson avec fierté.

Et Evans a montré qu’il avait le gène du joueur décisif dans les moments importants. Le gène «clutch», en jargon hockey.

«On a atteint la finale du championnat national durant sa dernière année, mentionne Jeff Jackson. Il était constamment à l’origine du but égalisateur ou du but gagnant tard dans les matchs. Notre équipe avait hérité du sobriquet "Cardiac Kids" en raison de ses remontées victorieuses et tardives. C’était en grande partie grâce à notre caractère, et il était le leader de cette équipe, ce qui est assez révélateur.»

Une qualité insoupçonnée chez un homme aux traits si enfantins, de nature si calme à l’extérieur de la patinoire.

«Il a cette énergie en lui. Il la dissimule bien, car c’est un gars silencieux. C’est en-dessous de sa peau : tu ne la vois pas, mais tu l’expérimentes, tu la vois se manifester devant tes propres yeux.»

«Il te surprend de plusieurs façons avec ce genre de trucs qui aident l’équipe à gagner. C’est lié à sa fougue et son sens du hockey. Il a toujours eu l’air si jeune. Même à sa dernière année, il avait l’air d’avoir 15 ans.»

Plus qu’un joueur de quatrième trio

Jeff Jackson tente du mieux qu’il peut de garder un œil sur ses anciens poulains. Il regardait attentivement un match du CH face aux Oilers d’Edmonton, le 16 janvier, lorsqu’Evans a inscrit son premier but de la saison à l’aide d’un bon tir. Ce même tir qu’il voulait voir le jeune homme utiliser plus souvent, jadis.

Comme il a vu son joueur progresser à vue d’œil à Notre Dame à l’époque, il est porté à croire qu’Evans a encore plus d’un tour dans son sac.

«Chaque fois qu’il jouera, il gagnera en confiance. Au fur et à mesure, tu verras de plus en plus les attributs que j’ai mentionnés.»

Pour le moment, Evans s’acquitte très bien de ses responsabilités au centre du quatrième trio du Tricolore. Mais son ancien entraîneur estime qu’il peut rêver à un plus grand rôle.

«Avec le temps, ses entraîneurs vont réaliser qu’il est vraiment responsable défensivement, mais qu’il peut aussi élever le jeu de ses compagnons de trio s’il évolue avec des joueurs capables de marquer.»

«C’est une importante qualité à avoir et je crois qu’il a ce potentiel d’être plus qu’un joueur de quatrième trio.»

Evans, l'être humain

Parmi les nombreuses leçons que la pandémie de coronavirus nous a enseignées, il y a le fait que chaque citoyen a son devoir à faire pour le bien de la collectivité.

Evans a assimilé depuis longtemps cette maxime. Il a le coeur à la bonne place. Une initiative qu'il a prise lors de sa dernière saison à Notre Dame le prouve.

«Son coéquipier Anders Bjork avait lancé un projet dans la communauté pour aider les enfants défavorisés d'une école, raconte Jeff Jackson. Quand Anders a quitté notre programme de hockey, Jake a pris la relève. Il allait à l'école une ou deux fois par semaine. Il faisait des lectures et il aidait les enfants dans certains projets. Il a amené un groupe de coéquipiers avec lui là-bas pour repeindre les classes et mener d'autres travaux d'entretien.»

«J'ai seulement eu vent de son implication après-coup. Ce n'est pas quelque chose qu'un gars comme lui voulait rendre public. Mais il a pris la relève pour s'occuper de ces enfants qui étaient dévastés lorsqu'Anders est parti, car ce dernier était si impliqué et engagé. Jake est vraiment venu combler un vide.»

Pas de doute, l'enfant qui est débarqué à Notre Dame en 2014 est réellement devenu un homme.

 

Source : Journal de Montréal │ Nicolas Cloutier




Dernière mise-à-jour de l'article : Dimanche 07 février 2021 à 12:36:38

Écrit par : Martin Ayotte



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