La chicane est prise entre la mairesse et le chef de police

PHOTOS AGENCE QMI, JOËL LEMAY ET MAXIME DELAND

Écrit par : Martin Ayotte

La mairesse de Montréal et le chef de police s’entredéchirent sur la place publique et en coulisses à la suite de l’enquête bâclée.

Plusieurs sources ont décrit jeudi de grandes tensions entre l’Hôtel de Ville et la haute direction du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Selon nos informations, le cabinet de la mairesse Valérie Plante a communiqué en matinée avec le bureau du directeur de police, Sylvain Caron, pour suggérer fortement à ce dernier de réagir publiquement, et l’informer que la mairesse préparait une sortie publique.

M. Caron n’a d’abord pas voulu y participer, choisissant de publier un communiqué.

« J’aurais préféré qu’il soit plus loquace. [...] M. Caron doit venir devant la population pour donner des nouvelles », a lancé Valérie Plante en début d’après-midi.

La mairesse a même évoqué un cas de profilage racial après l’abandon la veille des accusations de tentative de meurtre.


« Est-ce que la couleur de sa peau a joué ? [...] ça pourrait être le cas », a-t-elle d’abord affirmé.

« Il [M. Caron] a eu l’occasion de démontrer une sensibilité sur les enjeux de profilage racial et de justice, mais il refuse », a pesté le chef de l’opposition, Lionel Perez.


Enquête neutre

Valérie Plante souhaite une enquête « neutre » sur ce qui s’est passé au SPVM, mais aussi au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Elle est allée jusqu’à clamer que « cet homme est innocent »

Cette déclaration a piqué au vif l’état-major du SPVM, a-t-on pu apprendre. 

Au quartier général, rue Saint-Urbain, on trouve prématuré de déclarer un homme innocent, alors que l’enquête criminelle n’est pas conclue.

Entrevues annulées

Des entrevues que prévoyait effectuer l’inspecteur aux crimes majeurs du SPVM, David Bertrand, ont été annulées sur-le-champ.

Le chef Caron s’est finalement adressé aux médias à 16 h 30. Il a défendu la « rigueur » du travail de ses troupes et n’a pas voulu disculper M. Camara ni présenter d’excuses.

« Je crois qu’il faut être prudent avant d’accuser un citoyen. Il faut également être prudent avant de le disculper. L’enquête est encore active », a-t-il affirmé, en expliquant être encore en attente des résultats d’expertises d’ADN et de sang prélevés sur la scène de crime.

Mamadi Fara Camara est toujours considéré comme un « témoin important » et « pourrait être rencontré à nouveau dans les prochains jours », a ajouté M. Caron.

Questionné sur les déclarations de Mme Plante, le directeur du SPVM a indiqué avoir « manqué » le point de presse de la mairesse.

« Les conséquences sont regrettables et nous sommes en pensée avec la famille de M. Camara », a convenu Sylvain Caron, qui promet de s’excuser « personnellement » au moment « opportun ».

 

Source : Journal de Montréal │ DOMINIQUE CAMBRON-GOULET et JEAN-LOUIS FORTIN




Dernière mise-à-jour de l'article : Vendredi 05 février 2021 à 08:16:52

Écrit par : Martin Ayotte



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