Violence conjugale : « Il faut qu’on soit alerte », martèle Guilbault

Radio-Canada

Écrit par : Martin Ayotte

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, invite une nouvelle fois la population à rester à l'affût des signes de violence conjugale dans leur entourage afin de « venir à bout » de ce fléau.

Je l’ai souvent dit : il faut qu'on soit alerte, il faut qu'on pose le premier geste. Quand on voit quelque chose qui nous paraît ne pas avoir de bon sens, qui nous paraît douteux, des hommes qui ont l’air bizarre, ne pas hésiter à tendre la main à cette femme-là, à dire : "si t’as besoin, tu peux venir chez nous, tu peux m’en parler, je peux t’aider"», a plaidé Mme Guilbault en conférence de presse.

Elle réagissait au meurtre d’une femme dans la cinquantaine survenue au cours de la nuit de lundi à mardi dans le quartier Limoilou, à Québec. La police suspecte un autre cas de violence conjugale. Il s’agit vraisemblablement du 13e féminicide à survenir au Québec depuis le début de l’année.

Geneviève Guilbault, qui cumule également les fonctions de ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, encourage les femmes à demander de l’aide dès qu’elles soupçonnent un comportement bizarre » de la part de leur conjoint ou ex-conjoint, qu’il y ait eu violence ou non.

Je vous encourage à quitter le milieu où vous habitez, à aller demander de l'aide. On est plus conscientisé que jamais. Nos corps de police aussi », a insisté la vice-première ministre, qui a offert ses condoléances aux proches de la victime.

 

Apprendre à déceler les signes


La porte-parole de Québec solidaire en matière de condition féminine, Christine Labrie, a fait remarquer qu’il peut être difficile, pour certaines femmes et certains hommes, de déceler les signes d’une relation malsaine.

Ce sont des choses qui ne sont pas normales et malheureusement, on n’apprend pas nécessairement à [bien les] reconnaître. On reproduit des comportements qu’on a vus et on n’a pas tous eu accès à des modèles de relations saines », a commenté Mme Labrie en entrevue à RDI.

S’il a beaucoup été question, depuis le début de la pandémie, des impacts qu’a eus le confinement sur la violence conjugale, notamment en augmentant l’emprise et le contrôle exercés par les conjoints aux comportements problématiques, le déconfinement accentue également les risques de féminicide, croit Christine Labrie.

Le déconfinement crée aussi ce contexte-là où la victime de violence recommence à sortir plus fréquemment, à voir d’autres gens et puis l’agresseur, finalement, voit son contrôle diminuer et c’est quelque chose qu’il [n'est pas] capable d’accepter », explique-t-elle.

 

 

Source : Radio-Canada │ Louis Gagné




Dernière mise-à-jour de l'article : Mardi 15 juin 2021 à 14:48:26

Écrit par : Martin Ayotte



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